9 min de lectureVVincent

Relancer les devis non transformés : la vente que vous avez déjà presque faite

📨

Dans la plupart des magasins, il existe un chiffre d'affaires déjà travaillé, déjà chiffré, déjà presque conclu — et qui disparaît sans que personne ne le remarque.

Ce sont les devis remis qui ne reviennent jamais. Le client est venu, il a essayé, vous avez pris ses mesures, vous avez chiffré. Puis il est parti « réfléchir ». Et il ne s'est rien passé.

C'est probablement le gisement le plus rentable d'un magasin d'optique, parce que le travail coûteux a déjà été fait.

Le problème de mesure

Avant de relancer, il faut savoir combien il y en a. Et c'est là que la plupart des magasins butent.

Beaucoup n'enregistrent que les devis devenus des ventes. Mécaniquement, le taux de transformation affiché est de 100 %, et le gisement est invisible.

La première action n'est donc pas commerciale, elle est administrative : enregistrer tout devis remis, avec une date, un montant et un statut. Sans cela, rien de ce qui suit n'est possible.

Une fois cette discipline en place, le taux de transformation devient calculable — et généralement instructif.

Ce que ça représente

Un exemple pour fixer les idées. Un magasin qui remet 40 devis par mois avec un taux de transformation de 65 % laisse 14 devis sans suite. À 380 € de panier moyen, cela fait 5 320 € de chiffre d'affaires non réalisé par mois.

Récupérer un quart de ces devis, ce qui est un objectif modeste, représente environ 1 300 € mensuels — sans un client supplémentaire, sans une heure de vente en plus.

Les vraies raisons de l'abandon

Elles ne sont presque jamais celles qu'on croit. Le prix arrive loin derrière.

1. Le reste à charge n'a pas été compris

C'est la première cause, et de loin. Le client a entendu un chiffre, il ne sait pas ce qu'il recouvre, et dans le doute il ne décide pas.

Signature : le client a posé des questions sur la mutuelle pendant l'entretien, ou n'en a posé aucune — ce qui est pire.

Réponse : une relance qui reformule clairement la prise en charge et le reste à charge. C'est de très loin la relance la plus efficace.

2. La prise en charge n'était pas confirmée

Vous avez chiffré une estimation en attendant la réponse du portail. Le client est parti avec un « à peu près ».

Réponse : la relance la plus facile qui soit, parce qu'elle apporte une information nouvelle et attendue. « J'ai la confirmation de votre mutuelle : votre reste à charge est de 92 €. »

C'est aussi l'illustration la plus nette de l'intérêt d'interroger le portail pendant l'entretien plutôt qu'après — le sujet de notre article sur les contrats collectifs.

3. Le client doit en parler à quelqu'un

Conjoint, enfant, parent. La décision n'est pas individuelle.

Réponse : un devis envoyé par écrit, lisible, que le client peut montrer. Une relance téléphonique ici met mal à l'aise.

4. L'hésitation sur la monture

Le client n'était pas convaincu et n'a pas osé le dire.

Réponse : une relance qui rouvre le choix plutôt que la vente. « J'ai reçu de nouveaux modèles qui pourraient vous aller, passez les voir sans engagement. »

5. Le prix

Il existe, mais il est minoritaire. Et surtout, il se confond souvent avec la cause n°1 : ce n'est pas le prix qui bloque, c'est l'incertitude sur ce qui sera remboursé.

La prise en charge confirmée avant que le client parte

OptiBot interroge le portail pendant l'entretien. Moins de devis « en attente de la mutuelle », donc moins de devis qui ne reviennent jamais.

Voir comment

Pourquoi un devis ne se transforme pas

Reste à charge mal comprisle plus
Prise en charge non confirmée
Décision à deux
Hésitation sur la monture
Le prix lui-mêmele moins
Le prix arrive loin derrière — et il se confond souvent avec la première cause : ce n'est pas le montant qui bloque, c'est l'incertitude sur ce qui sera remboursé.

Le bon moment

Entre trois et sept jours. C'est la fenêtre.

Avant trois jours : le client n'a pas eu le temps de réfléchir ni de consulter son entourage. La relance est perçue comme de la pression.

Au-delà de dix jours : il a acheté ailleurs, ou il a renoncé et est passé à autre chose. La relance arrive après la décision.

Un cas particulier : si la prise en charge arrive du portail au bout de deux jours, relancez immédiatement. Ce n'est pas une relance commerciale, c'est une information attendue.

La règle qui change tout : apporter une information

Une relance qui dit « je vous appelle pour savoir où vous en êtes » est une relance qui échoue. Elle met le client en position de se justifier, et la réponse par défaut est « je vous rappelle ».

Une relance qui apporte quelque chose fonctionne :

  • la confirmation de la prise en charge ;
  • un chiffre révisé après vérification ;
  • une alternative moins chère à laquelle vous avez pensé ;
  • une information sur sa périodicité : « vos droits s'ouvrent le 3 mars » ;
  • l'arrivée d'un modèle qui correspond à ce qu'il cherchait.

Cette règle vaut aussi pour la forme : on n'appelle pas pour vendre, on appelle pour informer. La vente suit, ou elle ne suit pas.

Relancer avec une information, jamais sans

Qu'apportez-vous au client en le rappelant ?

La prise en charge est confirméela relance la plus efficace qui soit
Un chiffre révisé ou une alternativeune information nouvelle, donc légitime
Ses droits s'ouvrent à telle dateutile et datée
Je vous appelle pour savoir où vous en êtesmet le client en position de se justifier
Une relance qui n'apporte rien obtient « je vous rappelle ». Une relance qui informe obtient une décision.

Le canal

SituationCanalPourquoi
Prise en charge confirméeTéléphoneInformation attendue, réponse immédiate possible
Client qui doit décider à deuxMessage écritIl peut le transmettre et le montrer
Hésitation sur la montureMessage écrit puis invitationRouvre sans mettre la pression
Devis ancien, plus de 3 semainesMessage écritLe téléphone est intrusif à ce stade
Droits qui s'ouvrent plus tardMessage écrit datéSert de rappel calendaire

Quel que soit le canal, une seule relance. Éventuellement une deuxième si la première a apporté une information et qu'il n'y a pas eu de réponse — jamais une troisième.

Le protocole, en pratique

1. La liste hebdomadaire. Jour fixe, quinze minutes. Tous les devis de plus de trois jours sans suite.

2. Le tri par cause. Reprenez ce que vous avez noté à la fin de l'entretien. D'où l'importance du point suivant.

3. La note au moment du devis. C'est le geste le plus rentable de tout le protocole : à la fin de chaque entretien qui ne conclut pas, notez une phrase sur la raison. « Attend confirmation mutuelle », « doit en parler à sa femme », « hésite sur la monture ». Dix secondes, et la relance devient possible et pertinente une semaine plus tard.

4. La relance, avec une information.

5. La clôture. Sans réponse après une relance, passez le devis en « sans suite » et arrêtez-vous. Un fichier de relances qui ne se ferme jamais décourage celui qui le tient.

Deux messages types

Adaptez-les, mais gardez la structure : identification, information nouvelle, action possible, porte ouverte.

Quand la prise en charge vient d'être confirmée :

Bonjour Madame Martin,

J'ai reçu la réponse de votre mutuelle pour l'équipement que nous avons vu ensemble mardi : la prise en charge est confirmée, votre reste à charge est de 92 € et non de 140 € comme estimé.

Le devis reste valable, je le tiens à votre disposition. Vous pouvez passer quand vous voulez, sans rendez-vous.

Bien à vous,

Quand le client hésitait sur la monture :

Bonjour Monsieur Dubois,

Nous venons de recevoir de nouveaux modèles qui correspondent assez bien à ce que vous cherchiez la semaine dernière — la forme fine dont vous parliez.

Passez les essayer quand vous êtes dans le quartier, sans aucun engagement.

Bien à vous,

Ce qui fait fonctionner ces deux messages : ils apportent une information, ils ne demandent rien, et ils laissent l'initiative au client. Aucun des deux ne contient le mot « devis » ni la moindre relance de décision.

Ce qu'il ne faut pas faire

Relancer tout le monde de la même façon. Un message standard envoyé à tous obtient un taux de réponse voisin de zéro et abîme la relation.

Relancer avec une remise. « Je vous fais 10 % si vous revenez cette semaine » transforme une hésitation sur la prise en charge en négociation sur le prix, et installe l'idée que votre devis était surévalué. Le coût réel de ce réflexe est chiffré dans notre article sur la politique de prix.

Insister. Une deuxième relance sans réponse à la première est une relance de trop.

Confier la relance à personne. « Il faudrait qu'on rappelle les devis » n'est pas une organisation. Une personne, un jour, un créneau.

Ce que ça révèle sur le magasin

Le suivi des devis non transformés est un excellent diagnostic, au-delà de la vente récupérée.

Si la majorité des abandons tient au reste à charge mal compris, c'est votre explication au comptoir qu'il faut travailler — pas vos relances.

Si elle tient à des prises en charge non confirmées, c'est votre organisation administrative qui est en cause : vous chiffrez avant de savoir.

Si elle tient à la monture, c'est la phase de conseil qu'il faut revoir, comme nous l'évoquons dans conseiller le choix d'une monture.

Autrement dit, la relance récupère du chiffre d'affaires à court terme — et elle vous dit où vous perdez des ventes à la source.

Questions fréquentes

Pourquoi relancer un devis non transformé ?

Parce que le travail coûteux — découverte, essayage, mesures, chiffrage — est déjà fait. C'est le chiffre d'affaires le moins cher à aller chercher.

Au bout de combien de temps relancer ?

Entre trois et sept jours. Avant, c'est de la pression ; après dix jours, c'est trop tard.

Quelles sont les vraies raisons d'un devis non transformé ?

Le reste à charge mal compris en premier, puis l'attente d'une confirmation de mutuelle, la décision à deux, l'hésitation sur la monture, et enfin le prix.

Par quel canal relancer ?

Le téléphone quand vous apportez une information attendue, l'écrit quand le client doit décider avec quelqu'un d'autre.

Comment savoir combien de devis ne se transforment pas ?

En enregistrant tous les devis remis, y compris ceux qui n'aboutissent pas.

En résumé

Les devis non transformés sont la vente la moins chère d'un magasin d'optique, parce que tout le travail coûteux est derrière vous. Encore faut-il les compter, ce qui suppose d'enregistrer les devis qui n'aboutissent pas — la moitié du chemin est là. Relancez entre trois et sept jours, une seule fois, et toujours avec une information nouvelle : une prise en charge confirmée, un chiffre révisé, une alternative. Notez en une phrase, à la fin de chaque entretien, la raison de l'hésitation : ces dix secondes rendent la relance possible. Et lisez les causes d'abandon comme un diagnostic — elles vous disent où vous perdez des ventes bien avant le devis.

Essayez OptiBot gratuitement

Automatisez votre saisie tiers payant et récupérez du temps pour vos clients. Sans engagement.